
Nyangezi/Ibambiro face à un besoin criant en eau potable : entre
vulnérabilité et espoir communautaire
(Sud-Kivu), octobre 2025
— Dans cette zone de santé enclavée du territoire de Walungu, la quête d’eau
potable reste un véritable parcours du combattant pour des milliers de
familles. Les femmes et les enfants parcourent chaque jour plusieurs
kilomètres, souvent sur des sentiers escarpés, pour atteindre des sources
naturelles non aménagées. Ces points d’eau, partagés entre humains et animaux,
sont devenus les seuls espoirs de survie, mais aussi des foyers de
contamination silencieuse.
Selon les données de COSAWOH, issues d’une mission de terrain menée du 3 au
5 octobre 2025 dans la localité d’Ishamba (groupement d’Irongo, zone de santé
de Nyangezi), la situation est alarmante : sur plus de 18 sources d’eau
recensées, aucune n’est aménagée. L’eau y est puisée à même le sol, à travers
des pailles, des écorces de palmier ou de
bananier, sans protection contre les germes ou les moustiques. « La
population de ces villages vit dans un danger de santé permanent », explique un
leader local rencontré à Ibambiro.
La mission de
sensibilisation rganisée par COSAWOH a révélé que la pauvreté structurelle et
l’insécurité chronique amplifient la crise de l’eau. Les affrontements entre
les groupes armés Wazalendo et M23 ont provoqué des déplacements massifs de
populations vers Nyangezi, créant une pression accrue sur les rares points
d’eau disponibles. Environ 2 371 ménages déplacés, soit 14 235 personnes, se
sont réfugiés dans la chefferie de Ngweshe, accentuant les risques sanitaires
et la compétition pour l’accès à l’eau.
Face à cette urgence,
COSAWOH, avec l’appui de ses partenaires, a initié un projet de réhabilitation
et de construction de trois adductions d’eau afin de garantir un accès durable
à l’eau potable pour au moins 5 000 bénéficiaires directs. Lors des réunions
communautaires tenues à Ibambiro, les leaders locaux ont identifié
collectivement la source Cibaye, dans le village de Bujenjere, comme
prioritaire pour la construction d’une adduction d’eau.
Face aux recommandations
issues de la mission, COSAWOH appelle à la solidarité les partenaires et les
bonnes volontés à appuyer pour mobiliser davantage des ressources pour étendre
les interventions WASH (Eau, Hygiène et Assainissement) dans toute la zone de
Nyangezi. La mise en place de comités locaux de gestion de l’eau, la formation
communautaire et le suivi post-construction sont essentiels pour garantir la
durabilité des futures infrastructures. « L’accès à l’eau potable n’est pas un
luxe, c’est une condition de vie et de dignité », souligne l’équipe COSAWOH.
« À
Nyangezi, chaque goutte d’eau propre représente un espoir pour la santé et
l’avenir des enfants. »
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